Pour le dernier jour dans l’ouest de la Sicile nous décidons de visiter Marsala, à 30 minutes de train au sud de Trapani. La ville est surtout connue pour ses vins doux mais le guide Lonely Planet prétend que son centre ancien possède un charme propre qui mérite un détour.
La place devant l’un des bâtiments de la mairie est plantée de quatre magnifiques ficus au milieu desquels une fontaine éclabousse joyeusement les environs.
La cathédrale Madre di San Tommaso di Canterbury forme l’un des côtés de la jolie place de la république. On se demande ce que Canterbury vient faire là. Comme souvent en Sicile c’est une histoire de normands. La cathédrale est en effet dédiée au saint Anglo-Normand Thomas Becket, également appelé Saint Thomas de Canterbury, dont les rois normands de Sicile ont importé le culte au XIIème siècle.
La cathédrale est plutôt grande et, fait inhabituel, son orgue est au fond du cœur, au lieu de surplomber l’entrée.
La chapelle qui ferme la nef de gauche est plus richement décorée que le reste. Elle est dédiée aux artisans de Marsala qui l’ont amplement pourvue d’argenterie, de sculptures et autres ornements.
Tout au bout de la ville, le cap Boeo est l’endroit le plus à l’ouest de la Sicile. Le parc archéologique qui s’y trouve présente des ruines romaines.
Une ancienne voie romaine a été mise à jour. C’est la plateia « Aelia », probablement réservée aux piétons car on y a trouvé aucune trace de roues de chariots. Sur le côté gauche plusieurs tombes byzantines décorées ont protégées du soleil par une couverture grise qui empêche malheureusement aussi de les voir.
On peut visiter ce qui reste d’une immense villa, probablement celle d’un membre éminent de l’élite romaine. Elle date du IIème siècle avant Jésus Christ mais a été abondamment transformée jusqu’au IIème voire début de IIIème siècle de notre ère.
Une partie est protégée du soleil par un grand auvent. C’est très bienvenu car, comme d’habitude, le soleil tape fort en ce milieu de matinée.
Certaines mosaïques ont pu être restaurées.
Le parc comporte aussi un musée où on trouve le stock habituel de poteries cassées, d’amphores, de trucs et de machins en bronze. Deux pièces sortent de l’ordinaire, ce sont les restes de deux bateaux, l’un phénicien-punique, l’autre romain. Il n’en reste pas grand chose mais assez tout de même pour donner une idée de leur forme. Le phénicien-punique faisait sans doute entre 25 et 35 mètres de longueur.
Parmi les nombreuses pierres sculptées deux attirent le regard. Elles figurent un homme et une femme dansants et datent de la seconde moitié du VIème ou du Vème siècle avant Jésus Christ. Si ce n’était pas anachronique on jurerait qu’elles indiquaient les toilettes femmes et hommes.
Les guttus sont des sortes de cruches à bec très fin, probablement destinées à verser goutte-à-goutte certains liquides. Deux de celles qui sont présentées sont en forme de pied chaussé, une autre en forme de tête humaine, c’est amusant.













