Nous projetions de visiter le principal musée de Trapani, le museo Agostino Pepoli, mais notre tentative d’hier matin s’est heurtée à un nouvel obstacle : faute de personnel la plupart des salles sont fermées. Le guichetier nous a invités à revenir aujourd’hui, premier dimanche du mois, parce que l’entrée est gratuite mais nous sommes peu motivés et décidons de faire l’impasse sur ce musée. Avec d’autant moins de regrets que le prospectus que ce gentil monsieur nous a laissé présente principalement des objets sans grand intérêt pour le profane.
Depuis le bord de mer proche de chez nous on peut voir la Punta Tipa, au nord-est, qui délimite la baie où nous sommes, tout comme la pointe de la Torre di Ligny la délimite au sud-ouest. Et sur cette Punta Tipa un tas de ruines nous intrigue depuis notre arrivée à Trapani. Ce sera donc notre solution de secours. Nous partons courageusement sous le soleil du milieu de matinée et longeons la mer jusqu’à cette pointe.
Les abords sont couverts d’une lande où semble ne pousser qu’une seule espèce de plante, totalement calcinée par le soleil. Tout est gris-brun et on sent bien qu’il ne faudrait pas grand chose pour que tout ça flambe.
Ce qu’on prendrait de loin pour des fleurs blanches dans ces buissons secs sont en fait de petits escargots blancs acrochés aux tiges en grappes compactes. On se demande s’ils sont morts ou vivants et on se rappelle en avoir vu dans les dunes de la presqu’île de Giens.
La tonnara di San Giuliano est le plus vieux piège à thons de l’ouest de la Sicile. Elle a fonctionné du XVIème siècle jusqu’en 1961. On y pratiquait la pêche au thon, bien sûr, mais aussi la transformation et la conservation. Elle a été construite autour d’une église dédiée au culte de San Giuliano. La zone est plus ou moins protégée car elle abrite des espèces végétales rares comme la calendula suffruticosa maritima. Cet écosystème un peu préservé a, paraît-il, été récemment choisi comme lieu de ponte par les tortues caretta-caretta.
Depuis la Punta Tipa on voit toute la côte nord de Trapani. Une petite sirène perchée sur son rocher regarde le paysage.
Dans les dunes on remarque un beau parterre de lis maritimes en fleur. Voir des fleurs aussi magnifiquement exubérantes sur des plantes aussi austères et desséchées est toujours un étonnement.





