Ce matin nous partons en bateau pour Favignana, la plus grande des îles de l’archipel des Égades. Arrivés au port à 9h nous apprenons qu’il n’y a pas de place avant le bateau de 11h. En attendant nous retournons voir si d’aventure la Chiesa del Purgatorio serait enfin ouverte et si nous pourrions voir les fameux misteri, ces groupes sculpturaux en bois qui servent lors des processions de la semaine sainte. Malheureusement elle est toujours fermée. Mais cette fois nous prenons la peine de lire les annonces en italien et parvenons à comprendre que l’église est en travaux et que les misteri ont été temporairement transférés dans la Chiesa del Collegio, à quelques centaines de mètres.
Hosanna, gloire à dieu au plus haut des cieux, celle-ci est ouverte et nous pouvons enfin voir les misteri. Ils sont 20, alignés de part et d’autre de la nef centrale. Ils datent du XVIIème siècle pour les plus vieux et racontent la passion du christ. Chaque groupe, à l’exception d’un seul est porté lors des cérémonies par des représentants d’une profession particulière. Le dernier est porté par tout un chacun. Ils représentent plusieurs personnages grandeur nature fixés sur un large socle du même métal.
Les processions des misteri de Trapani sont des cérémonies anciennes puisqu’elles ont lieu sans interruption depuis au moins 1612. Le vendredi saint elles durent entre 16 et 24 heures pendant lesquelles les groupes, plutôt lourds, sont portés à dos d’homme dans la ville. Ceci explique sans doute pourquoi certains ont parfois chu. D’autres ont été endommagés pendant les bombardements alliés de la seconde guerre mondiale. Plusieurs ont donc dû être restaurés, voire entièrement refaits.
Celui qui représente l’épisode de la chute au Cédron est un peu bizarre car, si les évangiles mentionnent ce cours d’eau, ils ne parlent pas de la chute. Le groupe est attribué à Francesco Nolfo, un artisan du XVIIIème siècle et est entièrement d’origine. Il est porté par les représentants des marins lors des processions.
Il est temps de retourner au port et de prendre le bateau de Liberty Lines pour aller à Favignana. La première chose que l’on remarque en arrivant dans l’île est l’ancienne fabrique de thon en conserve qui a fait la richesse des habitants jusqu’à la quasi disparition des thons rouges en Méditerranée.
Les îles Égades ont jadis appartenu à la famille Florio dont le plus illustre membre, Ignazio Folrio, les a achetées aux génois en 1874. Il a ensuite développé l’industrie du thon en conserve qui a perduré sur l’île jusque dans les années 1970. Cette activité a depuis été remplacée par le tourisme.
Le deuxième bâtiment que l’on remarque en arrivant est le palais qu’Ignazio Florio a fait construire tout près du port et de sa fabrique de thon en boîte. Depuis les fenêtres de l’arrière le bonhomme pouvait surveiller son usine.
Pour changer des Vittorio Emanuele II et des Garibaldi, c’est donc une statue d’Ignazio Florio qui trône devant la mairie de Favignana ville.
Après avoir déjeuné à l’Osteria del Sotto Sale nous partons pour la plage du Lido Burrone, à 2,5 kilomètres de là. Il fait chaud mais la balade est tout de même agréable car en partie ombragée. Nous passons l’après-midi à paresser sur le sable et dans l’eau puis nous reprenons le bateau pour rentrer à Trapani.





