La première plongée est à la Grotta della Ficarella, à l’extérieur de la grotte, comme hier. Mais à nouveau on visite le site dans un ordre différent et je ne reconnais pas grand chose. Nous explorons plusieurs cavités peu profondes. Au plafond de certaines des bouquets blanchâtres font penser à du corail noir (oui, dans le corail noir c’est le squelette calcaire qui est noir, la partie charnue qui le recouvre, elle, est blanche), mais ce n’en est pas car celui-ci ne prospère que bien plus profond, entre 50 et 200 mètres, là où les eaux sont froides. Il pourrait s’agir d’éponges. Il faut chercher.
D’autres créatures inconnues s’agrippent aux parois, comme cette palme de résille jaune d’une dizaine de centimètres de diamètre et qui fait penser à une décoration de dessert sucré.
Morgan nous fait signe d’entrer dans une cavité lampes éteintes, ce que nous faisons bien volontiers. Lorsque, parvenus au fond, nous allumons les torches, plusieurs dizaines de petites crevettes narval partent dans tous les sens, fuyant la lumière.
La deuxième plongée est au même endroit mais cette fois le but est d’explorer la grande grotte qui donne son nom au site. Nous patientons vers 6 mètres, sous le bateau en attendant que l’un d’entre nous parvienne à régler un problème technique. En furetant de ci de là je découvre dans un trou un animal très étrange. On dirait un ver en forme de T, de couleur bleu-vert foncé. C’est vivant car le corps est parcouru de mouvements de reptation assez lents. Probablement dérangé par ma présence l’animal se rétracte soudain et disparaît dans un trou. Là encore il va falloir chercher pour élucider ce mystère.
Nous pénétrons dans la grotte vers 18 mètres de profondeur. Elle est en pente douce qui remonte lorsqu’on s’enfonce à l’intérieur. Elle est plutôt spacieuse, à l’exception d’une ou deux étroitures. Sa longueur est difficile à déterminer. En demandant après la plongée à plusieurs participantes et participants quelle serait leur estimation, et en intégrant la mienne, je pense qu’elle doit faire environ 100 mètres de l’entrée au fond en cul de sac. Elle est assez propre et comme notre groupe est assez expérimenté pour ne pas trop remuer le fond avec les palmes nous conservons une bonne visibilité.
A quelques mètres du fond l’eau de mer rencontre l’eau douce d’une source, un peu comme dans les cénotes mexicains du Yucatan. C’est l’halocline. L’eau devient trouble, comme dans un verre où l’on fait fondre du sucre.
Le fond de la grotte est une grande salle dont la partie supérieure est remplie d’air. On pourrait sortir la tête et respirer sans nos régulateurs mais nous ne le faisons pas car nous ne savons pas exactement quelle est la quantité de gaz carbonique dans cet air confiné.
Sur le chemin du retour nous rencontrons une petite langouste planquée dans une faille.
Dans une autre faille une magnifique cigale de mer roupille. Ici, comme dans bien des endroits de Méditerranée, l’espèce est sûrement protégée, mais j’en ai tout de même les papilles gustatives émoustillées.










