Le temps est à la pluie, la mer est toujours en furie, nous reprenons le train pour La Spezia avec pour buts le CAMeC (Centro d’Arte Moderna e Contamporanea) et Porto Venere, un petit village au sud de la ville, à la pointe du cap qui forme la côte ouest du golfe de La Spezia.
Le CAMeC est intéressant. Il présente des œuvres d’artistes connus (Matta, Cocteau, Warhol, Dubuffet, Ernst…) mais il laisse aussi une large place à des artistes italiens moins célèbres.
Ici, même les toilettes sont une œuvre d’art.
Nous déjeunons tout près du marché en observant les poissonniers qui luttent contre les goélands, puis nous tentons en vain de prendre le bus pour Porto Venere, à l’arrêt tout proche : on ne vend pas de tickets à bord, il faut télécharger l’application sur son téléphone. Maudite technologie. Un aller-retour à la gare nous aura permis d’apprendre qu’on peut acheter les tickets de bus dans les bureaux de tabac. Dommage, il y en avait un à deux pas de l’arrêt… Il y en a un aussi à la gare, où on veut bien nous vendre les précieux bouts de carton. Nous cherchons en vain l’arrêt le plus proche de la gare et décidons finalement de retourner vers le marché. Enfin, le bus « P » arrive et nous voilà partis.
Lorsque nous arrivons à Porto Venere, après une petite demi-heure de trajet, il pleut et le ciel est tout gris. Tant pis pour les jolies façades colorées.
Nous entrons dans la vieille ville par la Porta del Borgo, impressionnante et fort ancienne. Elle n’a pas changé depuis le XIIème siècle, paraît-il. Elle rappelle un peu la porte d’entrée à Saint-Paul de Vence, le canon pointé sur les arrivants en moins.
La porte donne sur une rue étroite animée, pleine de bars, restaurants et boutiques pour touristes : la Via Giovanni Capellini.
Au bout de la rue on arrive à la pointe sud du cap. Un peu avant, sur la droite, une ouverture dans le mur d’enceinte permet d’aller voir la grotte où Lord Byron venait méditer lorsqu’il séjournait à Porto Venere. Elle s’est effondrée et n’est pas bien remarquable. Quoi qu’il en soit, Byron ne devait pas méditer beaucoup lorsque la météo ressemblait à celle d’aujourd’hui. Les vagues se fracassent sur sa grotte et la noient complètement dans un bruit assourdissant.
A moins que Byron fut un peu poisson. Il paraît qu’il serait un jour parti de Porto Venere à la nage pour rendre visite à ses amis Percy et Mary Shelley qui séjournaient à San Terenzo, à 7 kilomètres de là, de l’autre côté du golfe, qui porte d’ailleurs le surnom de « golfe des poètes » en souvenir des poètes anglais qui l’avaient choisi pour lieu de résidence.
Un peu plus loin, tout au bout du cap, se dresse la petite église di San Pietro. Elle date de la fin du XIIème siècle mais est bâtie sur une église encore plus ancienne du Vème siècle, elle-même bâtie sur un temple romain à la gloire de Vénus, qui donne son nom à la ville. A l’intérieur on peut admirer le plus petit orgue que nous ayons jamais vu. On dirait un jouet.









