Lors de ma dernière journée de plongée à Castellammare del Golfo, en apprenant que nous poursuivions notre voyage vers Trapani, Giovanni m’a vivement conseillé d’aller voir l’épave du pétrolier qui a coulé au nord-est de la ville. J’ai donc réservé deux plongée pour ce matin auprès des Free Divers de l’hôtel Tirreno à Pizzolungo, à un quart d’heure de voiture de chez nous.
La première plongée se passe autour d’un îlot rocheux à 5 minutes de bateau du club. C’est le Scoglio degli Asinelli (le rocher des ânes) bien qu’on imagine mal des ânes sur ce caillou perdu au milieu de la mer. Ca ressemble à pas mal de plongée de Casettammare : pas beaucoup de grosses bêtes, quelques petites comme ces vers tubicoles.
Vers la fin de la plongée nous trouvons en pleine eau cette étrange créature translucide et phosphorescente en forme de tube d’une dizaine de centimètres de long et de 3 ou 4 centimètres de diamètre. On pourrait la prendre pour une sorte de claveline mais c’est un pyrosome, qui n’est pas un seul animal mais une colonie de centaines de petites ascidies qui aspirent l’eau à l’extérieur du tube et la refoulent à l’intérieur. C’est une rencontre étonnante puisqu’ils vivent d’ordinaire à grande profondeur (800 à 1000 mètres) et plutôt loin des côtes. Mais ils migrent parfois dans la colonne d’eau à la recherche de chaleur et c’est sans doute ce qui nous vaut cette rencontre.
La deuxième plongée nous emmène sur l’épave du Pavlos V, un pétrolier de 180 mètres qui a pris feu, a explosé et coulé ici en janvier 1978. L’explosion l’a coupé en deux et nous visitons seulement une partie de l’avant du bateau. Pour voir en entier un tel monstre il faudrait plusieurs plongées. C’est la deuxième plus grande épave de Méditerranée après celle d’un autre pétrolier au large de Gènes. Elle est à 15 minutes de bateau du centre de plongée et repose sur un fond sableux entre 20 et 35 mètres.
La taille de Matteo, notre guide, face à la proue, donne une idée de la taille du bateau. Il est colonisé depuis bientôt 50 ans par toutes sortes d’animaux et de plantes : sur un fond sableux pauvre et mouvant la moindre structure solide est immédiatement exploitée par la vie sous-marine. Il y a des castagnoles partout.
On lévite au-dessus du pont en zigzaguant parmi les trucs et les machins en ferraille, et en faisant bien attention de ne pas s’accrocher à l’une des nombreuses aspérités.
Au centre du pont supérieur une passerelle court sur presque toute la longueur. Elle a conservé une partie de son bastingage.
Les flancs du bateau sont des tombants tout à fait intéressants où on trouve quantité de mollusques, vers plats, nudibranches…









