La pluie et le vent nous ont un peu retardés mais en début d’après-midi la pluie cesse. Nous décidons donc d’emprunter le sentier vert-azur (Sentiero Verde Azzurro ou SVA) pour aller de Monterosso à Vernazza, le village suivant parmi les Cinque Terre. Dès le départ nous profitons d’une nouvelle vue sur Monterosso. Un petit détour par la Punta Corone nous offre même le luxe de contempler simultanément les deux parties : Fegina la nouvelle, à gauche et Borgo l’ancienne, à droite. Entre les deux se dresse la Torre Aurora sur son éperon rocheux. Encore plus haut on voit le Convento dei Capuccini que nous avons visité hier. La mer est très agitée et le vent souffle encore assez fort.
Le sentier est parfois à peu près plat, avec un mur de pierres sèches d’un côté et un ravin de l’autre. Mais le plus souvent c’est un escalier plutôt raide qui monte (au début de la balade) ou descend (à la fin). Il faut être en forme, particulièrement lorsque la pluie a bien savonné les pierres. Il y a un peu plus de 3 kilomètres à parcourir et 500 marches à grimper.
Les vignes en restanques sont partout autour de nous. L’air embaume des parfums de nombreuses plantes, comme les rhyncospermum jasminoides (rhynco pour les intimes) de cette magnifique haie.
Les gens du coin ont apparemment trouvé la solution pour entretenir le sentier et travailler dans ces vignes pentues qui n’ont rien à envier à la Côte Rotie. Ils ont installé des rails munis d’une crémaillère et soutenus par des sortes d’échafaudages, sur lesquels circulent de petits véhicules à moteur. On peut ainsi transporter à moindre effort des matériaux, des gens ou du raisin. Le paysage en souffre un peu mais c’est ingénieux.
Les papillons volent en nombre autour de nous. Il y a bien longtemps que nous n’en avions vu autant en même temps. C’est réjouissant. Un petit papillon blanc et noir vient se poser sur les chaussures blanches « Mafalda » de Anne, puis repars après avoir constaté que ce truc prometteur en apparence ne se butine pas.
Depuis le départ de Monterosso nous entendons et voyons un hélicoptère de la sécurité civile qui tourne au-dessus du sentier et nous soupçonnons qu’il est à la recherche d’une personne disparue ou en difficulté. Nos soupçons sont confirmés lorsque dans un virage nous voyons une demi-douzaine de secouristes s’affairer autour d’une femme tombée dans le ravin. Ils l’ont installée dans un brancard où elle attend qu’on la sorte de là.
L’hélicoptère décolle de la route où il avait fini par se poser, loin au-dessus du sentier, et nous le voyons s’approcher du lieu de l’accident. Le pilote finit par se mettre en vol stationnaire entre les lignes à haute tension et la cime des arbres. C’est assez impressionnant et effrayant. On est bien content de ne pas participer à cette aventure.
Après 2 heures de marche nous arrivons en vue de Vernazza. Le spectacle de cette petite ville colorée, nichée au bas de sa vallée, avec son petit port battu par les vagues, est splendide. Au sommet du gros rocher qui protège la ville des fureurs marines on voit la tour du Castello Doria. Et, au pied de l’église, tout au bord de l’eau du port, la place principale où nous irons boire un verre dès que possible.
La ville est très escarpée, à part la Via Roma (dans quelle ville italienne n’y a-t-il pas de Via Roma ?) qui va du port à la gare. Les ruelles étroites sont en fait des escaliers qui serpentent entre les hautes maisons peintes de couleurs ocre, jaune, orange ou rose. C’est magnifique mais il doit falloir être bien sportif pour habiter ici. Et c’est un grassois qui le dit…
La tour du Castello Doria (XIIIème siècle) se visite et offre un autre point de vue sur la ville. Pour le retour à Monterosso nous prenons le train qui ne met que 3 minutes à parcourir la distance séparant les deux villes. Même s’il triche en empruntant des raccourcis sous la montagne, c’est un peu vexant.









