Nous avons déjà parlé d’Italo Bolano, artiste local né à Portoferraio en 1936, qui a, entre autres, peint les toiles sur la vie de Jésus que l’on peut voir dans l’église de Marina di Campo. Il était sculpteur, céramiste, peintre, etc. On trouve ses œuvres un peu partout à l’île d’Elbe. La façade de la mairie de Marina di Campo, par exemple, est ornée d’une sculpture en acier inoxydable typique de Bolano.
En 1965 il crée près de San Martino un musée en plein air dans un ancien vignoble abandonné en raison de la crise de l’agriculture d’après-guerre. Baptisé un peu pompeusement « Centre international d’art » cet endroit regroupe une trentaine d’œuvres sur 10000 mètres carrés. La porte d’entrée est elle-même une sculpture en acier inoxydable, sorte de fleur à 6 pétales. Elle date du début des années 90.
Les œuvres, petites et grandes sont reparties un peu partout. Certaines ne sont pas connexes, comme le monument au poète Mario Luzi, ami de Bolano. Le monument est composé de plusieurs éléments, chiffres 3, 4 et 7 en béton peint, escalier ne menant nulle part orné de vers du poète, formes géométriques en métal, cordes tendues entre les composants et les arbres environnants, etc.
Nous sommes les seuls visiteurs, la porte était ouverte lorsque nous sommes arrivés et personne ne nous a rien demandé. Le musée en plein air semble un peu à l’abandon. Certaines œuvres sont cachées par la végétation, d’autres, sans doute endommagées, sont entassées dans un coin. C’est peut-être un peu dommage, quoi que ces œuvres d’art en apparence abandonnées dans cette nature entreprenante qui reprend ses droits créent une atmosphère singulière. Le visiteur peut, probablement plus facilement que dans un musée traditionnel, s’imaginer lui aussi artiste. Si des moyens plus importants étaient consacrés à l’entretien les œuvres seraient sans doute mieux préservées et mises en valeur mais l’ambiance serait peut-être différente, moins spontanée et détendue.
Un secteur est réservé aux sculptures de métal et de verre coloré. La lumière du soleil matinal filtrée par le verre projette des taches de couleur alentour.
La sculpture d’acier inoxydable intitulée « Cassiopea » (Cassiopée), toute de cercles et de courbes, représente une version abstraite de la constellation du même nom. Elle date de 1996.
L’une des marques de fabrique de Bolano est son travail sur la céramique. « Giallo e rosso » (Jaune et rouge), est composée de 10 panneaux d’émail et de cristallin sur céramique réfractaire. Elle symbolise les couleurs de l’île au printemps. On trouve plusieurs tableaux du même style dans le musée mais aussi un peu partout à Elbe. Nous en avons déjà vus plusieurs dans les villes et villages de l’île. Italo Bolano était très attaché à son île natale et il l’a décorée de dizaines de ses œuvres.
Dans un recoin, un peu perdu sous la végétation, un groupe de personnages en céramique est rassemblé dans ce qui ressemble à une baignoire ou à une marmite. Famille aux bains publics ou explorateurs tombés aux mains d’anthropophages ?