Nous prenons le bus pour Zagreb vers 9 heures à la gare routière de Trieste. Il est à l’heure, nous devrions arriver vers 12h30.
Pendant le voyage Renaud prend des notes sur son PC portable lorsqu’un chargeur assez lourd tombe d’un sac juste au-dessus de nous, rebondit sur sa tête, puis sur l’écran du PC qu’il casse définitivement. La voyageuse propriétaire du chargeur l’avait imprudemment stocké dans une poche ouverte du sac. Elle est très modérément ennuyée de l’incident et nous explique froidement que ce n’est pas de sa faute car c’est nous qui l’avions aidée à ranger son sac dans le porte bagages…
Après un arrêt à Ljubljana nous arrivons à Zagreb avec presque une heure d’avance. Comme il fait très chaud, que les bagages sont lourds et que l’hôtel est à plus d’un kilomètre nous prenons un taxi (la course nous revient à moins de 5 euros). Notre chambre d’hôtel n’est pas encore prête mais nous pouvons laisser nos sacs. Nous repartons à pied pour le centre ville tout proche où nous déjeunons sur la place du marché Dolac dans un troquet tout à fait sympathique en regardant les marchants et les employés municipaux ranger les stands.
La vieille ville se divise en parties basse et haute. La place principale de la ville basse est la place Ban Jelacic, nommée d’après le Ban Josip Jelacic, général et homme politique croate du 19ème siècle, dont une statue équestre orne la place. L’orientation de la statue a changé au cours du temps selon des critères politiques qui nous échappent un peu. Peut-être que le sabre du Ban pointe vers l’ennemi le plus actuel ? Aujourd’hui c’est vers le sud, ce qui donne, dans l’ordre de proximité décroissante, la Bosnie-Herzégovine, la mer Adriatique et l’Italie. La place est bordée d’immeubles qui rappellent beaucoup Vienne. L’influence autrichienne est très nette.
La Croatie est un pays fortement catholique, et le dimanche beaucoup de commerces et d’institutions sont fermées. La promenade est tout de même très intéressante.
En 2020, outre la pandémie de Covid-19, Zagreb a subi une importante inondation (en mai) et un tremblement de terre de magnitude 5,3 suivi d’une réplique de magnitude 5 (en mars). Ce séisme a fait un mort, quelques blessés et a endommagé de nombreux édifices. C’est pourquoi les églises sont, pour beaucoup, encore fermées à la visite. La cathédrale, à deux pas de la place Ban Jelacic, est l’une des nombreuses victimes matérielles et ne se visite toujours pas. Ses deux tours sont masquées à la vue par les plus impressionnants échafaudages que nous ayons vus (à part peut-être certains échafaudages de bambou en Asie, moins hauts mais spectaculaires par le matériau employé). On voit ces tours depuis toute la ville, ce qui donne au moindre panorama des allures de science fiction.
L’église Saint-Marc, dont le toit en tuiles vernissées figure les armes de la Croatie et de la ville, est l’un des fleurons de la ville haute. Elle aussi est en travaux.
Pour simplifier les réparations certaines églises ont même vu leur clocher séparé de la tour porteuse et posé à terre, comme ici pour cette église orthodoxe au clocher recouvert de plaques de cuivre.
La rue Tkalcieva serpente dans la ville haute et c’est la « rue de la soif » de Zagreb. On y trouve de nombreux bars et restaurants, dont le Mali Medo dont nous faisons rapidement notre camp de base car on y sert la Baltazar à la pression, une excellente bière IPA croate.