Aujourd’hui nous sommes retournés à Porquerolles par le bateau de 9h30 pour visiter le domaine viticole de la Courtade et la fondation d’art moderne Carmignac. Nous avions tout d’abord rendez-vous à 11h00 au domaine de la Courtade. La visite était très intéressante et très sympathique. Les 35 hectares sont en agriculture biologique (plus un peu de biodynamie). Les principaux cépages sont typiques des côtes de Provence : le rolle, le mourvèdre et le grenache. Mais il y a aussi un peu de syrah, de cinsault et de sémillon.
L’accueil est très chaleureux et nous avons même pu passer à la cave discuter avec l’un des vignerons du domaine. Il nous a fait goûter un rosé 100% grenache tout juste sorti de la cuve de fermentation et non encore décanté. C’était très étonnant, la couleur, l’odeur et le goût étaient fortement marqués de pamplemousse rose.
La dégustation finale nous a permis de goûter les deux types de vin du domaine (« Les Terrasses » et « La Courtade ») dans chacune des trois couleurs. Nous connaissions déjà « Les Terrasses » rouge et l’apprécions mais nous avons découvert les autres avec plaisir. C’est sûr, nous allons en ramener. Nous avons déjeuné au restaurant du domaine et avons (modérément) arrosé le repas d’un « La Courtade » rouge et d’un « Les Terrasses » blanc.

la fondation Carmignac appartient au même propriétaire, Édouard Carmignac, que le domaine. La villa mérite la visite par elle-même car son architecture est très intéressante.

Le toit est couvert de tuiles vernissées dans un camaïeu de bleus et de beiges du plus bel effet.

Un grand patio intérieur est entièrement couvert par un bassin transparent extérieur. Cela donne de très beaux reflets changeants sur le sol et les murs.

Les œuvres d’art contemporain exposées à l’intérieur étaient assez peu nombreuses lors de notre visite car l’essentiel de l’espace était dévolu à une exposition temporaire de photo-journalisme. La fondation dessert en effet chaque année un prix à un photo-reporter et expose son travail. Six sections étaient consacrées à des photos d’Amazonie, d’Arctique, de République Démocratique du Congo, de Guyanne Française, du Pakistan et de Gaza. Les photos étaient remarquables mais l’ensemble ne respirait pas vraiment la joie.
Parmi les œuvres de l’exposition permanente que nous avons beaucoup aimées il y avait une installation de Bruce Nauman composée de dizaines de poissons de bronze suspendus au-dessus d’un bassin. L’ensemble se transformait en fontaine à intervalles réguliers. Un spectacle étonnant pour les yeux comme pour les oreilles.
Une immense toile de Miquel Barceló fait danser autour de la pièce qui l’accueille des seiches un peu fantomatiques.
L’exposition se poursuit à l’extérieur avec, tout d’abord, une Méditerranée en miroir sur le mur extérieur de la villa.
Viennent ensuite les têtes grotesques des « Quatre Saisons » de Ugo Rondinone, au milieu d’une belle oliveraie.
Perdu dans un grand champ de cannes un étonnant palais des glaces de Jeppe Hein, formé de dizaines de cylindres réfléchissants à section en losange, probablement du verre poli. On s’y perd avec plaisir.
Trois monumentaux alchimistes de bronze patiné de Jaume Plensa terminent la visite.

Si vous passez par Porquerolles ne manquez pas la fondation Carmignac, elle vaut le détour. Et, puisque c’est juste à côté, pensez à visiter le domaine de la Courtade et à goûter les vins.